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19 juillet, 2007 00:17
Le vote des esclaves pour des lendemains de ténèbres
Par tonme, Catégories [ General ][ (5) Commenter ] | [242 Reads];| [ (0) Rétroliens ]
Les peuples ont le destin et les dirigeants qu’ils méritent. Nous ne l’avons que trop entendu. Mais il faut aujourd’hui compléter cette assertion établie, par une autre: les peuples ne réagissent pas toujours au moment où on les attend. Ils peuvent donner l’impression de se conformer à certaines situations et à certains dirigeants, tout en cultivant des rancoeurs tenaces susceptibles de déboucher à tout moment, sur une explosion révolutionnaire.
Il en va ainsi, lorsque l’art de la politique dévient un exercice ouvert de tricherie et d’exclusion, et lorsque confortés par le relatif silence de la rue, les gouvernants s’arrangent à s’éterniser au pouvoir en bloquant toute alternance pacifique. Il n’y a pas dans cet art politique répugnant, pire instrument de provocation et d’exacerbation des rancoeurs, que des fausses consultations électorales. On entend bien par fausses consultations électorales, celles dont les buts ne rentrent point dans un souci de connaître le sentiment des citoyens sur l’avenir de la cité, de recueillir leurs avis sur le choix des personnes aptes à conduire leurs destins et par conséquent à parler valablement en leurs noms.La révolution comme ultime expression du mécontentement des citoyens face à des pouvoirs qui prétendent gérer leur destin sans leurs avis, est un passage obligé pour tous les systèmes despotiques. Il ne faut pas entendre par système despotique, le genre de gouvernance qui accumule les tas de cadavres et règle les affaires courantes avec les canons, les prisons ou les condamnations à la potence publique. De nos jours, les despotes se font plus éclairés et se contentent d’avoir la haute main sur les caisses publiques pour assurer leurs privilèges outranciers au détriment du bonheur de la collectivité.
Notre rôle en citoyen averti, consiste à dire à ceux qui au Congo d’un certain Sassou ou au Cameroun, se complaisent à distraire les citoyens avec de fausses élections, que les chemins vers lesquels ils prospèrent, portent à terme les germes de leurs destructions physiques. Les pasteurs, les curés et tous les maîtres des cultes attitrés, savent user de la hauteur et de la relative immunité de leurs prétoires, pour dire ces choses aux fidèles. Nous entendons, même sans cette immunité, user du simple privilège de notre plume, pour faire mieux, enrichir par anticipation les livres d’histoire, et professer au présent quelques vérité pour rappeler que parmi les esclaves, il reste quelques illuminés.
Mobutu Sesseko de son vrai nom Joseph désiré, n’est pas mort en exil comme un chien pour avoir démérité dans le genre totalitaire et messianique. Le roi du Zaire fut un Chef d’Etat au sens où l’entend l’ONU, et toutes les grandes puissances pour qui il servait de pourvoyeurs de matières premières à vil prix. Il fut reçu à la Maison Blanche, invité d’honneur au défilé du 14 juillet à Paris aux Côtés d’un certain François Mitterrand. Mais il était dans le cœur de ses concitoyens un traître, par qui l’impérialisme avait trouvé le moyen d’assassiner Patrice Emery Lumumba, et celui par qui la misère est arrivée. Ce grand apôtre des discours sur l’authenticité africaine excellait dans le genre de charisme qui propulsa naguère Hitler à la tête de l’Allemagne pour la fin que l’on sait. Il maîtrisait l’art de se présenter comme le Père de la nation. Hélas, il gouvernait des esclaves et non des citoyens. Il était un vrai expert de la gouvernance des coups de tête.
Les camerounais qui s’apprêtent à voter ce dimanche, me donnent le sentiment d’être exactement dans la même situation que ces citoyens congolais dont Mobutu s’affirmait le Père bienfaiteur. Je me reconnais dans le trouble de quelqu’un qui refuse ce statut d’esclave, mais sans disposer des moyens de me faire entendre au-delà de la magie de l’écriture. Le seul acte intéressant que j’ai pu poser dans ce contexte, c’est de ne rien attendre de ce qui se passera au lendemain des dites élections, puisque je sais par avance, que rien ne changera dans le cours du destin de notre pays.
La logique des ténèbres est celle qui prévaudra au lendemain des élections au Cameroun, et le désespoir n’en sera que plus profond. Mais que pouvait-on attendre de l’expression si impuissante et si imparfaite, de la volonté générale des citoyens réduits en esclaves ? La tentation de lire leurs rancoeurs habitera d’avantage les observateurs étrangers qui sont à l’affût des moindres signes de soulèvement populaire pour enclencher le processus d’évacuation de leurs ressortissants.
Peut-être que c’est à tort que nous annonçons des lendemains de ténèbres, car l’accumulation des erreurs et l’invasion des assemblées par des citoyens de petites vertus en quête d’immunité pour fuir les procès, pourraient plutôt accélérer le cours de l’histoire et précipiter la révolution. Les expériences passées puisées à bonnes sources enseignent justement que c’est pour avoir trop cru à la lassitude et à la soumission éternelle des esclaves, que les potentats furent chassés de leurs trônes.
Qui sait, la victoire du parti au pouvoir qui est déjà gardée dans les coffres des Préfets et sous Préfets, pourrait être le signal d’une fin d’activité sans préavis ni certificat de travail pour les gouvernants. Dans ces conditions, il faut se féliciter que des ministres dont on connaît les ravages qu’ils ont opérés dans les caisses de l’Etat, se jettent dans ces consultations pour chercher un refuge immunisé à l’Assemblée nationale.
Franchement, nous pouvons assister en ce moment, aux dernières élections qui vont permettre aux peuples de conclure qu’il n’y a plus lieu d’attendre et que l’heure de répudier le régime est enfin arrivé. Nous ne demandons à personne de porter sur lui le fardeau d’une telle programmation cynique. Nous voulons demeurer observateur jusqu’au bout, et jouer ce rôle très beau et neutre qui consiste à ne rien faire tout en indiquant ce qui risque d’être fait par les autres.
La révolution fut toujours une épreuve comprenant des théoriciens et des metteurs en scène. Mais les théoriciens de la révolution ne doivent leur existence, qu’à celle des salauds qui n’ont pas pris le temps de consulter convenablement et régulièrement les citoyens, et qui ont manqué l’intelligence de contenir leurs colères à temps. Shanda Tonme n’est donc pour rien dans les malheurs de ceux qui seront inéluctablement emportés par les révolutions que sont en passe d’anticiper les fausses élections prochaines.
Ce n’est jamais faute d’avoir trouvé quelqu’un pour les prévenir de la colère des peuples que les dictatures finissent dans les poubelles de l’histoire après de dures errances comme l’ont connu les Shah d’Iran, les Mobutu, Bokassa et autres Hissen Habré. L’habitude de vivre dans de faux semblants politiques où l’on se complait dans de fausses élections animées par des comparses de partis d’opposition sans âmes, fait le même effet que l’alcool chez les éthyliques chroniques. Occuper l’actualité de façon superficielle avec des élections ne peut en aucune manière effacer ou masquer la réalité du désintérêt des citoyens dans leur immense majorité.
Il est tout simplement surprenant que certains individus en soient à tenir plusieurs langages pour essayer de se couvrir contre les accusations de trahison et de compromission qui se profilent à l’horizon. A tous ceux qui jouent à faire la politique fiction en figurant dans les urnes tantôt comme candidats et tantôt comme électeurs, la meilleure posture voudrait qu’ils aient l’honnêteté d’assumer de jour comme de nuit leurs choix. La majorité des citoyens de ce pays sait depuis longtemps que rien de sérieux ne se fera pour changer leur destin, sans une refonte radicale des institutions. Le Cameroun demeure une autocratie sans doute encore plus redoutable qu’entre 1960 et 1982.
Pour comprendre la démarche intellectuelle qui consacre ce constat, il faut mesurer le chemin parcouru en termes de niveau de développement par rapport aux gigantesques ressources disponibles. Le pays a connu un véritable gâchis impardonnable que ne traduisent que partiellement, la mise en évidence des détournements de dizaines de milliards par quelques individus. Il est dorénavant établi que de 1960 à 1982 où le pays ne disposait pas des moyens actuels, la gestion était mieux organisée, plus cohérente et certainement rigoureuse. L’argument de la libéralisation souvent avancée pour produire quelques excuses, n’a plus de sens dès lors que cette évolution résulte d’un mouvement planétaire qui s’est imposé au pouvoir en place. Par ailleurs, si en 1960, le règne de la dictature avait pour argument de poids la recherche d’une certaine cohésion après les luttes nationalistes, rien ne peut justifier aujourd’hui que nous en soyons à subir l’humiliation du refus des élections transparentes et le traitement d’esclave.
Le Cameroun vit dans une gestion politique radicalement autocratique qui n’obéit à aucun sentiment national positif et ne tient compte d’aucune clameur populaire. C’est ici que l’on apprend encore qu’il n’y a pas d’élection à deux tours, que les candidatures indépendantes sont interdites, et que les citoyens sont invités à aller faire valoir leurs droits citoyens dans les provinces de naissance de leurs parents. C’est ici que l’on trouve encore des villes complètement sombres la nuit, donnant l’image de gros villages habités par des singes.
Nous ne sommes pas libres, et le dire, n’a ni de subjectivisme, ni d’extrémisme. Voilà dans quelles conditions, le vote de pauvres esclaves, ne peut déboucher que sur des lendemains de ténèbres./.
SHANDA TONME
16 Juillet 2007





19/07/2007, 01:30
Eh oui, les urnes sont probablement déjà remplies, les résultats prêts à etre publiés... 4 jours avant le scrutin, l'argent des partis d'opposition n'est pas débloqué, quand tous les pontes du RDPC disposent de l'argent du contribuable pour faire la campagne du RDPC. Cette campagne est profondément injuste, et un parti d'opposition ne peut pas espérer obtenir décemment des sièges dans ces conditions.
19/07/2007, 01:31
Le RDPC va rafler les sièges à l'assemblée et lever la limite d'âge du président... Biya va mourir au pouvoir, et les camerounais sont mourir de pauvreté !
19/07/2007, 17:07
Je ne dirais pas ce que j'en pense, de peur qu'on me coupe la tête, puisque nous ne sommes pas libre, puisque nous sommes des esclaves. Mais j'ai déjà aiguisé ma machette, que je vois quelqu'un près de chez moi dimanche soir dire qu'il veut mettre le feu partout parce que Biya a gagné!
22/07/2007, 13:14
Je ne sais pas qui est moneetic, mais cette allusion à la "matchette" relève de la plus haute barbarie... Quand on pense que les africains ont laissé derrière eux les crimes barbares, il y'en a toujours pour y revenir.. Moneetic, tu veux tuer tes voisins avec ta matchette aiguisée ????
30/07/2007, 17:06
le seul esclave ici c'est toi, c'est bien de montrer des gens du doigt et de dire ah!comme ils sont ignorants. les occidentaux sont tes maîtres? la democratie c'est la volonté du peuple pour le peuple et par le peuple.le rdpc peux gagnez aussi si c'est la democratie.la sagesse c'est le compromi,si tu as l'afrique en toi, tu dois te battre contre l'occident qui tue l'afrique chaque jour un peu plus.il ya eu des problème lors du vote mais tu dois savoir ce que c'est que l'organisation à l'afriçaine.sache pour ta gouverne que le vote a été juste et que paul biya ne se representera pas en 2011.