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08 août, 2007 22:21
La nouvelle france
Par tonme, Catégories [ General ][ (5) Commenter ] | [291 Reads];| [ (0) Rétroliens ]
Porte de grosses chaussures et tient un gros bâton (Wear big shoes and carry a big stick)
C’est à nous réalistes et cyniques, et plus aux rêveurs et aux sentimentaux de tous les cieux, qu’il revient dorénavant, de lire, d’expliquer Sarkozy, et de dégager de sa démarche et de ses ambitions ouvertes, la ligne, l’orientation, la philosophie et les applications prévisibles. Il ne suffit plus de spéculer ni d’analyser, mais bien de prendre de considération et de se préparer en toute connaissance de cause.
La diplomatie de grosses chaussures et du gros bâton, est celle qui a été à la base de la formulation des meilleures doctrines des relations internationales depuis Meternich, illustre diplomate autrichien dont s’inspira Henry Kissinger pour produire les années de gloire de la diplomatie américaine. Harry Truman que l’on tient pour le premier théoricien de la guerre froide, ne fit pas autre chose lorsqu’en 1947, dans un discours mémorable au Fulton College à Mobil dans l’Etat de l’Alabama au sud des Etats-Unis, il déclara : « les Etats-Unis vont contenir le communisme partout dans le monde et défendront avec acharnement toutes les valeurs de liberté auxquelles ils croient. Toute atteinte à la liberté sera une atteinte aux valeurs et aux intérêts de l’Amérique ». Voilà comment, où et en quels termes, naquit la première vraie doctrine qui allait servir de fondement aux justifications de toues les actions de guerre froide entre les deux grands blocs idéologiques, lesquels transformèrent la planète en camps hermétiques antagonistes, de la création de l’Organisation des Nations Unies à San Francisco en 1945, jusqu’à l’invention de la Perestroïka et de la Glasnost par Michael Gorbatchev en 1985.
Les spécialistes des relations internationales ont en mémoire, quelques étapes significatives de cette époque : la compétition dans l’espace ;la crise des missiles de Cuba ; la fameuse chaussure de Kroutchev sur le pupitre de l’Assemblée générale de l’ONU ; le blocus de Berlin et l’expression rideau de fer de Churchill ; la guerre du Vietnam ; la guerre d’Angola, et bien d’autres.
Le discours de Nicolas Sarkozy au soir de la proclamation des résultats qui le portent à la présidence de la République française, en faisant d’office le chef d’orchestre de la diplomatie de son pays, était déjà tout un programme comme jamais aucun autre nouvel élu ne l’avait déployé et magnifié. La sortie du nouveau Président à Dakar, ce jeune homme quinquagénaire dont certains détracteurs se plaisent à rappeler quelques échecs comme celui du concours d’entrer à Science Po, est un chef d’œuvre de réalisme, de courage, de vérité, de loyalisme et d’amitié, qui confirme la naissance d’une nouvelle France. Certes, fidèle à une tradition de vision prospective et d’anticipation objective qui font l’originalité de notre démarche de tous les temps, nous avions avant les élections et après, annoncé l’événement, mais nous ne l’avions point entrevue dans une telle magnificence et dans une telle brutalité.
Nous ne nous poserons pas comme certains des pires sourds et aveugles, la question de savoir si la France, la nouvelle France que Sarkozy est en train d’imposer au monde, à tous ses partenaires petits et grands, dispose des moyens de sa politique. Nous appartenons à l’école de pensée qui en politique étrangère, fonde la puissance sur la clarté des ambitions, et la valeur des ambitions sur la crédibilité du maître d’ouvrage. Sarkozy est-il oui ou non crédible ? C’est oui.
C’est le moment plus que jamais de débattre, de s’exprimer sans retenues ni excuses, et de proposer selon ses intérêts, selon ses attentes, et selon ses forces. Notre conviction sur cet homme qui du haut des tribunes académiques de l’université Cheick Anta Diop de Dakar, rappelle aux africains leurs responsabilités sur leurs situations actuelles tout en regrettant l’esclavage et la colonisation pour lesquels il se refuse à toute repentance automatique, est entièrement positive.
- Je veux une France qui nous dise ce que nous sommes et ce que nous valons à ses yeux, ce qu’elle ne veut plus de nous, ce qu’elle tire de nous, et ce que nous pouvons profiter d’elle, et non une France qui nous prêche les romans d’amour, les verbes sentimentaux de voltaire, les fables douces de La fontaine, les flatteries infantiles de Mitterrand, et le paternalisme ancestral de Chirac.
- Je veux une France qui indique clairement le chemin de la responsabilité de l’Afrique et des africains, et qui menace de ne plus se plier à nos flatteries et à nos indigences, et non une France qui promet tout, accorde tout, embrasse tout, gère tout, et supervise tout, sans droit ni titre, et selon un néo colonialisme outrancier.
- Je veux une France qui pense au sort réel de l’Afrique et qui refuse de garder indéfiniment chez elle, les fils et les filles d’Afrique qui ont de la compétence et du mérite, ceux là mêmes dont nous avons besoin pour nous construire, pour nous changer, pour devenir respectables et respectés dans le monde. Il faut dorénavant que chacun de nous sache exactement ce qu’il veut et sur quoi il veut fonder et reposer son destin. Celui de la France ne s’accommode plus de paresseux, de fainéants et des hordes d’affamés en quête de nourriture.
- Je suis pour la France de Sarkozy, celle qui va renvoyer chacun chez lui pour aller faire sa révolution chez lui, dans son pays, y changer les choses, renverser les régimes, bousculer les systèmes, inventer la liberté et imposer la démocratie. Mais que font donc ces milliers de cadres africains en Occident, en Amérique et en Asie ? la Chine est devenue une grande puissance en partie grâce aux millions de chinois formés à l’extérieur qui pétris de la technique et des innovations avancées, sont rentrés s’établir dans leur pays. Ne traitez point celui qui veut choisir d’accueillir des étrangers propres et compétents chez lui de raciste. On n’est pas raciste parce que l’on veut le meilleur visiteur pour sa famille et son village, ni le meilleur instituteur pour ses enfants.
La France dont la voix s’est élevée à Dakar et au Gabon en cette fin du mois de juillet 2007, est celle à la fois belle, cynique, réaliste, et progressiste qui ne craint pas de présenter un des dictateurs les plus décriés de la planète, comme un fidèle ami de toujours par delà les régimes et les colorations des politiques hexagonales. Le courage et la lucidité de monsieur Sarkozy, sont une invitation à la raison et au réarmement moral d’une Afrique perdue dans des plaintes inutiles d’un passé qui ne lui a pas sourit. Ne vous condamnez point à crisper votre cœur en permanence parce que vous avez été dominés, parce que vous avez été vaincus dans les guerres des civilisations. Prenez vous en main et luttez contre tous les vents pour changer le cours sinistre de votre destin.
Je suis pour la France qui n’a pas de complexe à dire qu’elle va tourner la page des combines, mais qu’il revient à la jeunesse africaine, de travailler concrètement pour rendre effectivement opérationnelle, cette nouvelle vision des relations entre les deux parties.
A ces intellectuels prompts à se plaindre et à trouver des excuses sans jamais avoir le courage de se remettre en cause, je dis toute ma colère et tout mon dédain. Je déclare que si j’avais les moyens, je dominerai la France sans pitié et sans complaisance, car c’est ainsi que sont faites les lois naturelles qui gouvernent les relations entre les peuples, les Etats, les nations, les cultures et les civilisations. Qui ne voudrait pas voir son fils ou sa fille sortir premier de la classe et occuper le premier banc ? Qui ne voudrait pas être celui qui dicte et celui qui indique la voie ? Qui aimerait concéder sa place de premier au denier au nom d’une interprétation bizarre de la charité ?
Le monde qui accueille Nicolas Sarkozy en ce 2007, est stupéfait devant la tonicité et la vigueur d’une ambition diplomatique qui vient rappeler que l’on a beau détester l’Amérique, elle demeure la première économie et la première puissance industrielle du monde. Les Etats-Unis demeure le lieu d’invention d’internet, le pays de Bill Gates, la plaque tournante de l’économie marchande, le berceau et le siège de l’Organisation des nations Unies. Lorsque le Président français en appelle aujourd’hui au réalisme des africains, il prêche en réalité la révolution pour tous comme l’avait déjà fait Lénine qui expliquait à tous les mouvements révolutionnaires du monde, que chacun d’eux avait la mission et la responsabilité de construire la révolution dans son pays.
L’expression la plus forte de la nouvelle France s’est donc faite en terre africaine, en ces lieux où la France est l’auteur de faits d’armes contestés et où elle semble cultiver les doutes et les espoirs les plus contradictoires. C’est dans cette Afrique, symbole, instrument, vitrine et héritage à la fois d’un brassage éloquent de sa culture et de sa langue, que l’on scrute encore plus que partout, les moindres signes d’une évolution dans ses rapports avec le reste du monde.
Sarkozy en appelant à la responsabilité des générations d’africains depuis les hauteurs de l’académie, invite à des révolutions que nous tardons à réaliser. Mais qu’avons-nous apporté à la construction des libertés, au syndicalisme, au triomphe des droits des gens ? Nous ne sommes ni à la base des luttes qui ont érigé les congés du travailleur en norme juridique universelle, ni la source des sacrifices qui ont donné l’électricité. Nous sommes donc, comme dit Aimé Césaire, ceux qui n’ont inventé ni la lampe à pétrole, ni la machine à vapeur.
Nicolas Sarkozy n’a pas peur que l’Afrique change, car ce serait tant mieux pour tout le monde, pour lui, pour la France, et ce serait tant pis pour les autres, tous ceux qui trichent, les potentats, les cancres, ceux qui refusent de voir et de vivre la vérité, ceux qui craignent le règne de la compétence et du mérite. Je vote pour cette option et je vous invite à me contrarier, dans un débat franc et ouvert./.
SHANDA TONME
1er Août 2007





09/08/2007, 04:48
Excellent article, comme toujours.
15/08/2007, 16:55
Je m'interroge sur la posture que Shanda adopte vis à vis du discours de Sarkosy. En effet, il saute aux yeux de toute personne ayant un niveau intellectuel en dessous de la moyenne que l'auteur du discours foule allégrément du pied toutes la production historique et philosophique de scientifiques modernes qui remettent en cause la vision etriquée et raciste des théoriciens de la colonisation. Je suis encore plus gêné lorsque Shanda, d'habitude si lucide fait dire aux paroles de Césaire le contraire de ce qu'elles signifient. Enfin,(mais sans pour autant clore mon désaccord avec la position de shanda), le rejet de la répentance de la France face aux crimes de l'esclavage et de la colonisation est répugnant et montre la véritable nature des sentiments de l'auteur du discours ou de celui qui le lit vis à vis de l'Afrique et des africains. Aurait-il pu lire pareil discours devant une assemblé juive? Un dirrigeant allemand peut-il tenir de tels propos? j'en doute. cela n'est possible que lorsqu'il s'agit de l'Afrique. Entendons nous bien, une chose est d'appeler l'intelligentsia africaine à jouer effectivement son rôle d'éclaireur, à faire preuve de plus de rigueur, dabnégation et d'hônnêteté. Mais cela n'implique pas nécessairement qu'il faille ignorer les résultats quelquefois extraordinaire du travail d'une partie de cette inteligentsia relative à sa propre histoire. Que Shanada ne se trompe point, le changement tant attendu ne viendra pas des élucubrations dakaroises de Sarkosy, mais d'une prise de conscience des africains eux mêmes qu'il est temps, certes, d'être rigoureux, travailleurs et "modernes", mais aussi de mettre en valeurs les éléments flatteurs de sa propre culture et de son histoire. Car ils existent!
21/08/2007, 10:48
Je suis d'accord avec vous Roger, même si je serais moins sévère que vous. Car je comprends bien l'indignation de Shanda, du moins vis-à-vis des intellectuels africains style Kamto et consorts qui n'ont d'ambition que pour leur propre personne. Laquelle ambition se limite soit à faire plaisir au pouvoir en place, soit à satisfaire leurs propres besoins du ventre et du bas ventre. Ou tout au plus qui ont une vision très étroite de l'engagement politique. Face à cette compromission, on est en droit de se revolter au point d'accueillir avec une certaine tolérance les propos injurieux de Sarkosy envers les (certains) intellectuels africains. ils l'ont bien mérité.
26/09/2007, 14:09
ben dis donc! quand je lis ça j'ai peur de la france qu'on nous prépare
a rappeler que notre cher président, nikolasz sarközy de bocsa nagy (de saon vrai nom) oublie vite que si on avait appliqué son discour il y a 50ans il ne serais même pas là, vu que ses parents ne se seraient pas rencontrés
12/10/2007, 03:28
Bonsoir.
Analyse assez crue pour une première lecture de votre blog.
A mon sens il y a deux poles dans ce texte.
Le premier qui parle de cette nouvelle impulsion que voulait donner sarkozy a la France ou du moins a sa politique.
Mais hélas, il a vite été rattrapé par la réalité en politique internationale et le cas qui illustre mon propos n’est autre que l’affaire des infirmières bulgare et les fameuses négociations avec kaddafi.
En quoi diffère sarkozy d’un autre chef d’état en allant négocier avec un dictateur (je ne reviens pas sur la libération elle est salvatrice pour ces infirmières).
Le deuxième pole et c’est celui qui m’intéresse du fait que je suis marocain (donc africain).
Monsieur sarkozy s’est érigé en donneur de leçon aux dirigeants africains qui ont tous gobé cet affront sans brancher. Pourquoi, car a mon sens le discours de sarkozy s’adressait a eux aux dirigeants et spécialement a eux et non aux intellectuels ou au reste de la population.
Le frein a tout changement en Afrique réside dans ces dirigeants et ceux-ci ont long temps étaient soutenus par la France et les autres pays occidentaux dans le soucis de préserver leurs intérêts et rien d’autre.
Enfin, je vous invite a lire un écrit de claude guéant, secrétaire général de l’élysé, vous allez être étonné de voir que le discours de sarkozy a Dakar est l’œuvre de ce personnage assez énigmatique. Et on le suivant tête baissé sarkozy risque de buter dans un mur.