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20 septembre, 2007 10:55
Lecture géostratégique des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis et implications (suite)
Par tonme, Catégories [ General , Géopolitique , Géostratégie ][ (1) Commenter ] | [483 Reads];| [ (0) Rétroliens ]
Pour la coexistence des peuples six ans après
Sur la relation
de cause à effet entre les attentats et la politique étrangère des
Etats-Unis redéployée par le nouveau président, il est aujourd’hui
possible de convenir que le désintérêt annoncé par les Etats-Unis sur
la question palestinienne, ne pouvait être interprétée par les groupes
islamistes fanatiques, que comme un soutien voilé et inconditionnel à
Israël. La logique du raisonnement désespéré pouvait se traduire ainsi
qu’il suit: que le plus fort gagne et que le plus faible se soumette.
En somme, tant pis pour les palestiniens et pour les arabes qui
réclament la restitution de leurs terres.
Cette démarche du Président constituait un recul, une rupture brutale,
une déchirure menaçant les positions des pays arabes modérés qui
avaient investi des efforts immenses au cours de la Présidence Clinton
pour la recherche d’un accord de paix. Cet accord de paix devait
aboutir à l’élaboration d’un calendrier précis pour la création d’un
Etat palestinien. Comment allaient en effet réagir les fanatiques
arabes désespérés sinon par la violence, devant un discours et des
actes qui mettaient à mort les accords d’Oslo? Alors que le monde
entier avait assisté satisfait à la volonté extraordinaire du Président
Clinton
pour essayer de d’arracher un accord entre le premier Ministre
israélien Ehud Barak et le Président de l’autorité palestinienne Yasser
Arafat, quelqu’un d’autre nouvellement installé à la Maison Blanche
remettait tout cela en cause, et se démarquait complètement de la
situation. Dès lors, les extrémistes de tous les bords, dont les plus
organisés encadrés par Ben Laden dans l’organisation Al Qaida, allaient
prendre la décision de rappeler aux Etats-Unis leurs responsabilités en
leur faisant au besoin payer un prix inestimable, insupportable et
imprévisible pour leur faute. Le décor des attentats du 11 septembre
2001 était ainsi planté.
De la puissance solitaire à la puissance collective
Dans l’évaluation de la compétence et de la capacité managériale des
dirigeants, que l’on soit en contexte public dans le cadre d’un Etat ou
en contexte privé dans le cadre d’une entreprise, les premières heures
de la survenance d’un drame sont cruciales. Les réactions et les actes
posés dans les instants qui suivent les événements, permettent
d’apprécier le degré de solidité des structures, leur niveau de
fonctionnement, leur harmonie et leur efficacité.
Au moment où les images des deux premiers avions qui s’encastrent sur
les tours jumelles de New York sont diffusées en direct sur les
télévisions, le Président Georges Bush se trouve dans une école loin de
Washington. Comme s’il s’attendait à ce drame, le Chef de la première
puissance du monde régira promptement pour mettre en cause, les
barbares qui se sont attaqués au monde civilisé et promettra au peuple
américain la victoire sur les terroristes. Nous allons dit-il, leur
mener une guerre impitoyable, en les traquant partout où ils se
cachent. Nous allons les avoir et nous les traduirond devant les
tribunaux afin qu’ils répondent de leurs cruautés. Les terroristes
doivent dès maintenant perdre le sommeil, parce que nous ne leur
laisserons aucun répit.
Le Chef de la diplomatie américaine, Colin Powell, emboîtera
immédiatement le pas au Président pour parler sans détour, de guerre
ouverte opposant les civilisés au non civilisés. Bien que paniqués,
quelque peu étourdis et assurément surpris, l’administration américaine
et tout le système de coordination et de gestion de l’Union produiront
dans les premiers instants, un bel exemple de crisis control. Mais le
plus important n’était plus seulement l’évaluation de la capacité de
réaction des Etats-Unis et le degré de solidité et d’efficacité de son
système face à une attaque étrangère. Le challenge était dorénavant
porté vers l’extérieur, la mise en œuvre des mécanismes de sécurité
collective à l’échelle de toute la planète et le niveau d’adhésion et
de contribution à une croisade géostratégique centrée spécialement sur
la lutte contre le terrorisme en réponse à l’humiliation subie par les
Etats-Unis.
Comment allaient réagir les pays qui il y a moins d’un mois encore,
étaient traités de moins que rien par les Etats-Unis ? Comment allaient
se comporter à l’endroit d’une super puissance endeuillée, ces nations
et ces peuples dont Bush foulait l’amour propre au pied lors de la
conférence sur le racisme en Afrique du Sud en rappelant brutalement sa
délégation ? Qu’allait faire la Russie de Poutine, consciente de ce que
Washington se prenait dorénavant pour le nombril du monde et pour le
Roi solitaire ? Que signifiait pour le Secrétaire Général de l’Onu un
simple message de condoléances, connaissant l’arrogance avec laquelle
le nouveau Président américain avait abordé les relations avec
l’Organisation ?
En réalité, les attentats du 11 septembre venaient à point nommé pour
rappeler au nouveau Président de même qu’au peuple américain tout
entier, que ni les bombes nucléaires, ni les portes avions hyper
puissants, ni les avions bombardiers de dernier cri sorti du rêve des
ingénieurs fou du complexe militaro-industriel, ni les ordinateurs de
Bill Gate, ni les dollars de Wall Street, ne pouvaient dorénavant
garantir la sécurité des Etats-Unis et leur garantir une
invulnérabilité absolue. Il n’y avait donc plus ni puissance absolue
dans le monde ni peuple entièrement protégé. La guerre froide avait
vécu certes, mais l’autre guerre, celle menée inconsciemment et
implicitement contre les pauvres, les damnés de la terre et tous
mécontents de la terre, n’avait jamais pris fin et ne prendra pas fin
avant longtemps.
Le président des Etats-Unis réalisait du coup, dans la pire des
solitudes qu’un homme d’Etat et son pouvoir peuvent redouter, que le
monde avait changé, pas seulement pour devenir un grand village où le
dollar circule partout sans restriction pour capter les richesses, mais
aussi qu’il avait changé pour disséminer les connaissances, épandre les
sciences et les techniques. De parfaits fils de pauvres venus
d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient, maîtrisent maintenant trop de
choses à l’instar des aéronefs, et peuvent les retourner contre leurs
oppresseurs, leurs puissants chefs. Bref des intelligences vives,
alertes et raffinées sorties des profondeurs des ghettos et formées
dans les meilleurs laboratoires occidentaux, peuvent se transformer en
esprits du mal, en instruments de la terreur guidés par des instincts
de vengeance.
Dans cette nouvelle configuration des intelligences qui forçait la
remise en cause de la cartographie des puissances, les Etats-Unis
avaient besoin de tout le monde, de tous les amis, des moindres
soutiens. L’heure n’était plus à l’arrogance, et la puissance unique
prônée explicitement par les néo-conservateurs américains était une
erreur. Les Etats-Unis avaient subitement besoin de la Russie, de
l’Europe, de l’Afrique, de l’Asie, des pauvres, des riches, des
misérables, pour un élan universel contre leurs ennemis invisibles. La
nouvelle guerre ne pouvait valablement être engagée, que par la
conception, l’élaboration, et le déploiement d’une stratégie globale.
Devant la main tendue de l’Amérique et les appels de son président
devenu humble par les contraintes d’un destin douloureux, tous les
dirigeants du monde, à quelques exceptions près, exprimèrent leur
solidarité et leur soutien. Si les soutiens d’un Tony Blair le Premier
ministre britannique ou d’un Jacques Chirac le président français
allait de soi, l’engagement très prononcé de Vladimir Poutine à
s’associer aux Etats-Unis dans leurs plans de lutte contre les
terroristes, constitua une véritable révolution diplomatique.
Les attentats du 11 septembre surviennent en effet au moment où les
relations russo-américaines sont au plus mal. De ce drame proprement
américain, naîtra pratiquement une relation personnelle entre les
dirigeants des deux pays, et l’on assistera à une relance de leurs
échanges dans de nombreux domaines. Sans doute parce que à Moscou l’on
estimait que Washington avait pris trop de libertés sur la question
Tchétchène, on était disposé à l’en excuser après que Bush ait vécu en
grandeur nature, les foudres du terrorisme.
(A suivre)





22/04/2008, 19:35
I'm agree with you.