30 mars, 2008 00:40
Modification de la constitution: Shanda TONME accuse….
Par tonme, Catégories [ Politique Camerounaise ][ (1) Commenter ] | [127 Reads];| [ (0) Rétroliens ]
L’étranger qui aurait séjourné au cameroun
juste le temps d’un débat sur le projet de modification des
dispositions de la constitution relatives à la limitation du nombre de
mandats présidentiels, serait tenté de conclure que ce pays n’a produit
qu’un genre détestable, méprisable et opportuniste d’intellectuels et
de politiciens.Pour justifier cette lecture, il n’aurait aucune peine à
citer le nombre d’individus se prévalant du statut de professeurs ou de
chef de partis politiques, qui étalent dans les médias, des positions
aussi impensables qu’irréalistes et insultantes pour la vérité.
La situation a en effet atteint un niveau de gravité qui au-delà d’inquiéter sérieusement les milieux diplomatiques sur la qualité des hommes des sciences et des lettres, aboutit à s’interroger sur l’équilibre mental de toute notre société, et la probité morale du genre politique dans notre civilisation.
S’il est compréhensible que quelques individus complètement ruinés, quelques hommes d’affaires en faillite, quelques diplômés sans repères, quelques voyous sans horizons, et quelques aventuriers rêveurs sans capacité de lecture des perspectives d’avenir, se livrent au sport des pétitions mensongères, il est intolérable que des hommes des sciences et des lettres établis qui dans toutes les civilisations humaines constituent les boussoles des mutations sociales positives, s’abandonnent à une villégiature intellectuelle dont la finalité est la suprême compromission politique.
Nous sommes rendus à une étape où, sans un sursaut patriotique pour exprimer une différence forte, les prochains manifestants ne s’attaqueront pas aux édifices publics et ne se contenteront pas d’éventrer des boutiques ou de construire des barricades dans les rues avec de vieux pneus enflammés, ils s’en prendront aux symboles de l’académie, considérés comme sources de trahison de l’intelligence scientifique et de la connaissance empirique. L’histoire de l’humanité n’est-elle pas après tout, riche des exemples où des bibliothèques vivantes furent pourchassées, détruites, et réduites en poussière pour avoir menti, pour avoir choisi le mauvais camp, pour s’être exprimés contre le sens du destin réel des peuples ?
Pour tout cela, et afin que personne n’en ignore, j’estime qu’il relève d’un devoir aussi impérieux que celui d’assistance qui incombe juridiquement au témoin d’un crime, de se lever, de parler avec force et détermination, de crier, d’interpeller, et finalement d’accuser.
- J’accuse tous les détenteurs du pouvoir intellectuel qui se sont levés contre l’histoire, contre la vérité, contre le destin positif de notre peuple et contre son bonheur, en soutenant par leurs écrits tronqués, le projet de révision de la constitution relative à la non limitation des mandats aux fonctions de Président de la République. Ces maîtres du discours mensonger et de la gabegie politique ne sauraient souiller que leurs propres toges et non l’identité intellectuelle et scientifique du cameroun.
- J’accuse tous ces manipulateurs de la plume, du verbe, et de la contradiction futile, pour avoir présenté au monde, une image déformée et sale, d’un pays qui a produit de valeureux et brillants hommes des sciences et des lettres à l’instar d’Ossendé Afana, Tchundjang Puémi, Mongo Béti, Thomas Melonè, Bernard Nanga, Georges Ngango, Victor Kamga et bien d’autres. Le cameroun a toujours été connu et respecté pour les œuvres progressistes et engagés de ses fils et filles. Ceux-ci se sont profondément investis dans la promotion de la justice, de la vérité, et du panafricanisme.
- J’accuse les hommes des sciences et des lettres, qui pour un strapontin administratif, une position de rente et de domination, un droit de cuissage, une mission à l’étranger, une luxueuse résidence ou une belle voiture, ont oublié les fondements et les principes de la dignité universitaire, et se sont laissé aller à des diatribes insensées pour appuyer, accompagner ou encourager les idéologies autocratiques, la dictature et le pouvoir personnel.
- J’accuse tous ceux qui, investis du pouvoir d’enseigner et de diriger les consciences de la jeunesse fragile, se sont érigés en pourvoyeurs de poison pour tuer leur éveil, déformer leur capacité de jugement, et leur apprendre à baisser la culotte pour mendier des bouts de pain et des brins d’honneur.
- J’accuse ces hommes des sciences et des lettres qui sans égard pour leurs mamans et leurs papas, ont osé investir les médias pour justifier l’instauration dans leur pays, d’une présidence à vie. La non limitation des mandats présidentiels ne peut conduire à autre jugement, qu’à une interprétation sévère et extrême dont la présidence éternelle est la seule finalité et le seul acquis. Toute autre démonstration sur les prétendus besoins de mieux régler les problèmes de transition en cas de vacance du pouvoir, n’est que prétexte et poudre aux yeux des citoyens. Ceux qui soutiennent aujourd’hui que la Constitution est mauvaise ou incomplète et mérite par conséquent des changements, sont les mêmes qui en 1996, pour des raisons de haine tribale, des calculs sordides de contrôle du pouvoir, et des basses combines alimentaires, avaient élaboré et imposé des préceptes et des notions abjectes proches de la tricherie, de l’injure collective et du régime d’apartheid.
- J’accuse les hommes des sciences et des lettres qui entourent le Président de la république et passent le temps à le tromper, à le conseiller dans le mauvais sens, à le guider vers les mauvais chemins de l’avenir, à lui produire des analyses tronquées, bref à se moquer de lui sans jamais se sentir coupables de blasphème, de mauvaise foi ou d’abus de confiance. La première responsabilité de l’intellectuel est de produire en tout temps et en toute circonstance, l’analyse qui permette à partir d’éléments et de paramètres conventionnels incontestables et vérifiables, de faire avancer la société. La finalité de l’intellectuel appelé par le prince auprès de lui, est de garantir que celui-ci ne soit pas coupé du peuple. Ainsi lorsque le peuple descend dans la rue pour demander la démission du prince, celui-ci doit renvoyer immédiatement ses intellectuels soit pour mensonge, soit pour parjure, soit pour incompétence avérée. Le vrai prince est celui qui après le pouvoir, reste vénéré par son peuple. C’est à l’intellectuel conseiller, de réfléchir et de préparer ce destin.
- J’accuse tous les pétitionnaires du mensonge, du gâchis et de la saleté politique, pour le spectacle dégoutant qui sous le couvert de soutenir une révision constitutionnelle dangereuse, donnent finalement du cameroun, l’image d’une fédération manquée de petits villages où ni la République, ni l’Etat, ni la Nation, ni la citoyenneté, n’ont plus aucun sens. Les générations futures ne vous pardonneront pas, d’avoir ainsi, fait reculer votre pays de plusieurs décennies, simplement pour quelques prébendes de circonstance, ou pour la gloire éphémère, de quelques chefs tribaux locaux promus.
Je vous accuse et vous tient pour responsables de tous les malheurs qui s’battront sur notre pays, nos familles, nos enfants, et nos légitimes ambitions au bonheur, si jamais, votre voix minoritaire triomphe de nos mises en garde et des légitimes avertissements du corps diplomatique./.





28/10/2008, 12:25
vous ête vraiment génial et surtout très convaicu des messages que vous envoyez aux camerounais et aux africains en particuliers
seulement est ce que vous croyez que votre pensée portera ses fruits un jour et dans toute son efficacité?
Merci